Place de la Rép’, Nuit debout cause toujours

Le mouvement Nuit debout compte une dizaine d’irréductibles. Pendant les vacances, ils se réunissent, pour refaire le monde, place de la République. Et penser la suite du mouvement.

Reportage

À 18 h 30, la nuit est encore loin, ce mercredi, place de la République. Une dizaine de personnes ont investi les marches de l’amphithéâtre. Semblables à n’importe quel groupe d’amis. « Nous ne faisons plus l’effort de sortir les banderoles », reconnaît un « Camille », le pseudo choisi par les militants de Nuit debout Caen, pour garder l’anonymat.

Il y a un mois, lui et une trentaine de participants réguliers appréhendaient les vacances d’été avec quelques inquiétudes, cherchaient à « perdurer mais aussi à « élargir leur audience » ». (Ouest-France du 16 juin).

Un premier bilan, à mi-chemin : « Nous avons maintenu nos réunions hebdomadaires, le dimanche, pour débattre de sujets sociétaux, comme la consommation, la précarité », décrit un Camille de la première heure. Quant à l’audience, « à chaque séance, nous n’attirons pas plus d’une douzaine de personnes ». Lucides, les irréductibles jugent la défection « totalement prévisible, après la fin des cours et les départs en vacances ».

On est loin de la petite effervescence des débuts place Saint-Sauveur, lors du printemps. Mais pas de quoi démotiver Camille au féminin, aide-soignante à la retraite : « Nuit debout doit perdurer pour offrir un lieu d’échange. » Là-dessus, le groupe est unanime.

Des mains levées aux urnes

Continuer, mais comment ? Alors que le gouvernement vient de dégainer un ultime 49.3, la formation estivale, en comité restreint, doit repenser « l‘organisation, les objectifs et stratégies du mouvement », annonce un sexagénaire, en chemise à carreaux. Ce soir, la première réunion « Atelier d’été » est lancée.

Parmi le programme des vacances : élargir ses horizons. « Dès la semaine prochaine, nous allons lancer une série de rencontres avec les Nuit debout d’autres villes du Grand Ouest », se réjouit le benjamin des Camille. La première devrait se tenir à Lisieux, fin juillet.

L’ambiance devient nettement plus sérieuse lorsqu’il s’agit de causer organisation. Le principal sujet à l’ordre du jour : la prise de décisions. « Il faut en finir avec le vote à mains levées, assure un tribun. Certaines personnes n’osent plus venir, par crainte d’être jugées pour leurs choix. » La solution avancée par la commission « organisation » : les traditionnels urnes et bulletins de papier.

Oui mais, « est-on légitime à prendre des décisions, alors que nous sommes si peu nombreux ? » s’inquiète un militant, grande barbe grise et catogan. « Pour valider une décision, nous devrons avoir atteint cinquante votes et 75 % d’opinion favorable », rassure-t-on. « Moi, j’aimerais plutôt que l’on atteigne l’unanimité », objecte un jeune homme aux grands yeux clairs. Une heure de débat ne suffira pas à trancher.

Quoi qu’il en soit, à la rentrée, les Camille caennais continueront à refaire le monde, place de la Rép’, ou ailleurs.

Source: Place de la Rép’, Nuit debout cause toujours

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3 réponses à “Place de la Rép’, Nuit debout cause toujours

    1. Moi aussi bravo pour ces 10 qui restent encore debout
      De vrai héros
      Maintenant c’est sur que les vacances c’est quand même plus important que refaire le monde…..
      Moi je reste les pieds dans l’eau mais je pense à vous quand même…..tenez bon les gars….

  1. Bon la ça fait 5 mois que je me moque de vous…mais apparement personne ne s’en aperçoit….ou alors plus personne ne lit les articles publiés!!!! Triste fin….

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