Comment briser l’argumentaire anti-grève en six exemples

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gasoline-175122Les grévistes prennent les gens en otage, pour leur intérêt égoïste qui conduit à la ruine de la France : tel est le concentré de l’argumentaire des opposants aux mobilisations sociales, qui s’éveillent au moment où la pénurie de gazole s’étend sur l’hexagone. Attaqués dans leur intérêt propre, alors qu’ils n’ont « rien demandé », les automobilistes crient au scandale alors même qu’ils sont une majorité à s’opposer à la loi travail, à l’origine des troubles. A leur argumentaire, préconçu par les médias dominants, nous devons opposer une analyse de fond capable de répondre aux interrogations et aux mécontentements.


Au travail, entre amis ou en famille, il peut être difficile d’assumer d’être gréviste et de soutenir le mouvement social, à l’heure où la mobilisation dans les raffineries et dépôts de gazole entraîne une pénurie d’essence qui affecte tous les automobilistes. Les mêmes phrases, prémâchées par les médias dominants, reviennent en boucle pour attaquer la légitimité des salariés en grève. Voici quelques éléments de réponse à apporter lors des discussions animées.

« Les grévistes prennent les gens en otage »

La formule, relativement récente dans l’Histoire contemporaine de la France, est diffusée par les médias de masse, à longueur de journée de grève, à destination de leurs lecteurs, auditeurs ou spectateurs qui la reprennent telle quelle. Il s’agit d’une expression « choc », pour marquer les esprits et représenter le mécontentement de ceux qui subissent les grèves, usagers de transports ou automobilistes sans essence. Utilisée de façon répétitive, elle entraîne davantage d’impatiences, voire de tensions, entre le public bloqué par les grèves et ceux qui mènent ces dernières.

Six mois après les attentats de Paris, survenus le 13 novembre dernier, il est nécessaire de mettre en pièces une formule des plus injurieuses, autant pour les grévistes que pour les otages réels. Les désagréments subis par les grèves n’ont strictement rien à voir avec une situation de prise d’otage, où les victimes sont mises en joue par des tueurs professionnels et n’ont aucune possibilité de mouvement, au risque de perdre la vie. Ce n’est pas drôle d’attendre plusieurs heures son transport en commun ou de se retrouver sans gazole, avec le risque de ne pas pouvoir se rendre au travail et d’en être pénalisé – plus ou moins lourdement – par son employeur. Pour autant, cela ne justifie en aucun cas le trait d’égalité formulé par les médias dominants entre les victimes du terrorisme et les personnes contraintes par un mouvement social. Dans un pays qui a récemment été le théâtre d’actes meurtriers, organisés par des mouvances extrémistes, il est indigne qu’une telle expression demeure dans le langage journalistique à la mode ; elle doit atterrir dans les poubelles de l’Histoire pour cesser la confusion dangereuse qui lui est liée.

« Les grévistes sont minoritaires »

Ce qui est vrai à l’échelle de la France, s’avère faux à l’échelle des entreprises voire des branches économiques. Lorsque les salariés d’une entreprise initient un mouvement de grève, c’est lors d’une Assemblée Générale (AG) qui rassemble tous les employés, choisissant ensemble les suites du mouvements, que l’arrêt de travailler est décidé. La décision majoritaire est ensuite suivie par l’ensemble des salariés, y compris ceux qui ont refusé ce choix, de manière à bloquer entièrement et durablement la production. C’est le cas dans les raffineries et les dépôts de gazole, comme chez les dockers ou dans les usines industrielles.

Dans la fonction publique et le secteur tertiaire, moins habitué aux arrêts généraux de travail, les salariés choisissent individuellement de faire grève et il est vrai que les grévistes sont généralement minoritaires. Dans les secteurs-clés de la production nationale, cependant, qu’il s’agisse des raffineries de pétrole, des usines sidérurgiques ou du débarquement des marchandises depuis les bateaux, ce sont toujours des grèves majoritaires qui sont menées – et c’est bien pour cela qu’elles ont un impact majeur sur l’économie du pays.

« Les grévistes sont violents »

L’amalgame entre un travailleur en grève et participant à une manifestation, et le casseur, est spécifiquement entretenu par les médias dominants pour ajouter de la confusion à la lecture de l’actualité. Les casseurs sont une réalité du mouvement social ; pour autant, ils n’en sont en aucun cas l’émanation, car ils s’organisent en marge des cortèges de manifestants, dont ils se fichent des revendications et des mots d’ordre. Ceux qui les ont remarqués et étudiés savent qu’il s’agit, chez leurs meneurs, de jeunes hommes blancs issus d’un milieu relativement aisé, qui viennent « en découdre » avec les forces de police pour satisfaire leur envie égoïste de poussée d’adrénaline. En détruisant des vitrines de magasins, des voitures, ou en lançant des pierres, des bouteilles voire des cocktails Molotov sur les compagnies de CRS, les casseurs ne font qu’assouvir une pulsion égocentrique et ne représentent en rien le mouvement. Cette réalité, les médias dominants cherchent à la contredire en se concentrant, dans leur traitement journalistique des mouvements sociaux, sur les « incidents » commis lors des manifestations. Cela n’a rien d’étonnant : les médias de masse sont aux mains d’une dizaine de milliardaires, qui ont intérêt à ce que le public fasse l’amalgame entre manifestants et casseurs pour décrédibiliser l’ensemble du mouvement de grève.

Cela étant, il serait insuffisant de nier toute violence de la part des grévistes. Certains d’entre eux, en particulier dans les entreprises qui cherchent à délocaliser leur production, en viennent parfois à séquestrer leurs cadres dirigeants – comme l’ont fait les 8 de Goodyear – ou à arracher la chemise d’un directeur des ressources humaines – comme cela s’est passé à Air France. Mais pour saisir ce qui anime cette violence, il faut impérativement contextualiser l’acte et le mettre en parallèle avec la violence, certes invisible mais autrement plus destructrice, du grand patronat qui n’a que faire du destin des milliers de familles qui se retrouveront sans emploi ni revenu après la délocalisation de l’unité de production. La violence ouvrière, non celle des casseurs mais des salariés en lutte, n’est qu’une petite réponse à la grande violence dont fait preuve la bourgeoisie financière, certes sans éclat de voix ni geste déplacé, lorsqu’elle voue au chômage et à la grande précarité des milliers de familles de travailleurs.

« Les grévistes sont égoïstes »

Il serait faux de nier cette évidence. C’est dans leur intérêt propre que des salariés se mettent en grève, pour éviter un plan social, une dégradation de leurs conditions de travail – comme les cheminots aujourd’hui – ou une loi scélérate comme la loi travail portée par Manuel Valls et Myriam El Khomri. Les grévistes n’ont pas intérêt à ce que ces reculs de leurs droits sociaux surviennent, et se battent donc pour empêcher le gouvernement ou la direction de l’entreprise de mener à bien ses décisions ravageuses pour le monde du travail.

Pour autant, il faut mesurer une donnée essentielle : ce n’est pas pour leur intérêt à court-terme que les grévistes se battent, mais pour leur intérêt à long-terme. Le premier est sévèrement mis à mal par la perte de revenu synonyme d’une journée de grève, et c’est bien pour le second que des mouvements sociaux ont lieu. Or, l’intérêt à long-terme des salariés mobilisés rejoint l’intérêt à long-terme de tous les salariés. Ce ne sont pas seulement leurs conquêtes sociales que les employés en grève défendent ; ce sont nos conquêtes sociales, qui permettent de ne pas se tuer au travail, d’avoir droit à des congés payés et à une sécurité sociale garantissant un minimum de confort aux malades et aux vieux. Autrement dit, leur intérêt à long-terme rejoint l’intérêt général de l’ensemble des salariés et des privés d’emploi. Cela n’apparaît pas clairement aux travailleurs pénalisés par les grèves, c’est pourtant une réalité incontestable. Par leurs mobilisations, les grévistes cherchent à sauver ce qu’il reste du droit du travail en France, dans l’intérêt de tous les salariés et notamment des jeunes générations qui risquent de connaître des conditions de travail plus difficiles que celles de leurs aînés. C’est pour le bien commun que des grèves ont lieu, non pas pour l’intérêt à court-terme – ni des usagers, ni des grévistes – mais pour l’intérêt à long-terme de tous.

« Les grévistes s’en prennent aux mauvaises personnes »

C’est une incompréhension profonde, et légitime au regard du faible niveau de conscience collective des travailleurs français, qui s’exprime lorsque des blocages économiques rendent plus difficiles le quotidien des usagers de transports ou des automobilistes. Les grèves s’en prendraient aux mauvaises personnes, à ceux qui n’ont « rien demandé », plutôt que de s’attaquer aux véritables fauteurs de troubles – généralement identifiés comme le pouvoir politique, en particulier le gouvernement qui fait passer des lois scélérates. Pourquoi, dès lors, ne pas chercher à s’en prendre aux ministères plutôt qu’au portefeuille du Français moyen ?

Malheureusement, l’analyse rigoureuse de la réalité conduit à considérer que c’est en s’attaquant à l’économie du pays, en cherchant à la bloquer – par la pénurie de gazole, entre autres – que les grévistes se font le mieux entendre. Les ministères sont des bâtiments sécurisés dans lesquels il est impossible pour un cortège de manifestants de pénétrer ; il est toujours possible de manifester devant, comme le font régulièrement des manifestations sectorielles, mais il faut souligner que ce n’est pas ainsi que le gouvernement ou les directions concernées plient devant une mobilisation.

Le véritable pouvoir des salariés français réside, non pas dans la consommation – comme les médias dominants cherchent à le faire croire – mais dans la capacité de production. C’est en bloquant la création de richesses que les employés, par leur grève, brisent le petit quotidien d’un pays pour créer les conditions d’une grande victoire populaire. En s’attaquant à la distribution de gazole, les grévistes ne visent pas les travailleurs automobilistes, même si ces derniers en pâtissent, mais les capitalistes qui perdent un profit phénoménal chaque fois qu’un blocage a lieu. En s’attaquant ainsi à la classe dominante, les salariés en grève peuvent, à la condition d’être nombreux et organisés dans la durée, représenter une perte de profit tellement grande pour les propriétaires de capitaux que ces derniers pèseront le pour et le contre, jusqu’à renoncer aux plans sociaux ou à presser le gouvernement de retirer une loi anti-populaire. En s’attaquant à l’économie du pays, avec tous les effets indésirables que cela peut produire sur les travailleurs, les grévistes construisent les conditions de la victoire. Si le blocage économique continue de s’amplifier dans les prochains jours, comme le laissent entendre les déclarations des responsables syndicaux – avec la grève illimitée à la RATP dès le 2 juin, par exemple – le gouvernement sera mis face au mur et pourra décider, après même son adoption par le Parlement, de retirer la loi travail pour retrouver le chemin de la paix économique. Ainsi, c’est le pouvoir politique exécutif national qui plonge le pays dans un blocage dur, en refusant de revenir sur une loi pourtant décriée par une grande majorité de Français, et ce sera précisément ce blocage qui pourra le conduire à retirer cette loi.

« Les grévistes ruinent la France »

Là encore, nous avons un bel exemple de vocable directement asséné par les médias dominants, pour décrédibiliser voire criminaliser l’action syndicale, en particulier de la Confédération générale du Travail (CGT). Les syndicats seraient responsables de l’ « immobilisme » de la France, de son « manque de compétitivité », de son coût du travail « trop élevé ». Ils seraient la cause de la « ruine » du pays, et ce seraient même eux qui obligeraient les patrons à délocaliser pour trouver une main d’œuvre moins chère et moins combattante !

Cette formule permet un retournement de situation total dans l’éventail des responsabilités économiques en France. Le grand patronat, propriétaire des multinationales, aura toujours intérêt à augmenter ses profits en baissant le coût de production, et notamment celui du travail, en allant chercher la main d’œuvre la moins chère possible à l’échelle du globe. C’est la haute bourgeoisie financière qui est responsable des neuf millions de chômeurs et de précaires en France, car c’est elle qui délocalise depuis quarante ans la production industrielle vers l’Asie, le Maghreb et l’Europe de l’Est. C’est précisément elle qui ruine la France, en organisant une évasion fiscale de la part de ses individus et de ses entreprises, transférant une partie du chiffre d’affaires vers les paradis fiscaux, et en minimisant donc la valeur ajoutée réelle qui est produite en France – en travestissant le PIB à la baisse ! Les salariés qui se battent pour leurs droits ne font que réagir, et tout tenter, pour empêcher justement que cette ruine s’avère catastrophique.

En creux, la mobilisation des employés grévistes permet aussi de mesurer leur importance fondamentale dans la production nationale française : ce sont les salariés qui font tourner l’économie, et non les patrons ! En exerçant leur droit constitutionnel à la grève, les petites mains des grandes industries démontrent que ce sont bien les employés qui créent la richesse, et non la bourgeoisie qui « offre » de l’emploi. Le capital appartient bien à la classe dominante, qu’il s’agisse des terrains, des immeubles, des machines et des outils – mais cela représente, finalement, le travail passé qu’il a fallu pour les mettre en œuvre ; toutes les richesses de notre planète proviennent des efforts passés et actuels des travailleurs, et la classe capitaliste ne fait que s’en emparer pour dominer le monde.

Enfin, voir dans les grévistes des individus qui « ruinent la France » est un discours patronal qui va à l’encontre de toute l’Histoire contemporaine de notre pays. Ce sont des grèves de 1936 et de 1968, fondamentales car majoritaires dans la population, que nous sont parvenus les droits aux cinq semaines de congés payés, à la journée de travail de 8 heures en moyenne, les comités d’entreprises, les tickets restaurants, la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, le salaire minimum interprofessionnel relativement élevé – en comparaison avec d’autres pays voisins – et ce sont des conquêtes ouvrières qui profitent aujourd’hui à l’ensemble des salariés français. Personne ne renoncerait à son droit au repos et à la vie familiale, et il s’agit pourtant de revendications historiques de la classe ouvrière qui ont été acquises de haute lutte par la grève, face à un patronat qui s’est déchaîné pour maintenir le travail des enfants, des salaires de misère, des conditions de travail déplorables et non sécurisées. Tout l’enjeu de la mobilisation actuelle, comme des précédentes luttes des salariés, se situe ici : favoriser le progrès humain et social, en lieu et place de la grande dégradation annoncée de nos conditions de travail pour chercher à concurrencer, sur un marché planétaire, les mains d’œuvres des pays pauvres ou en voie de développement. Les grévistes ne ruinent pas la France, tout au contraire, ils cherchent à assurer pour tous les travailleurs et les jeunes générations un confort mérité, au regard des gigantesques richesses qui existent dans le monde, bien qu’accaparées aujourd’hui par la petite caste de la bourgeoisie milliardaire.

La fatigue et l’agacement des travailleurs à l’encontre des grévistes est compréhensible, à l’heure où le niveau de conscience de classe des salariés français se trouve au plus bas. Cela étant, le blocage économique des salariés en lutte pour leurs droits, pour nos droits de travailleurs à tous, n’est qu’une réponse appropriée à la dégradation annoncée de nos conditions de travail, et matérialisée aujourd’hui dans la loi travail de Valls et El Khomri, qui représente un recul généralisé du progrès social pour le seul profit égoïste de la classe capitaliste. Nous devons défendre les grévistes contre les attaques de tous feux qu’ils subissent, car – contrairement à ce qui est seriné dans les médias dominants – ce sont eux qui créent la richesse et œuvrent au progrès social. Ce modeste contre-argumentaire pourra être enrichi par vos propres réflexions, pour mettre à bas le retournement de responsabilité que la propagande idéologique du patronat, du gouvernement et des journalistes aux ordres produit dans les consciences des travailleurs de France. Ceux qui bloquent notre quotidien et notre avenir, dans notre aspiration au progrès, ne sont pas les grévistes mais les décideurs économiques et politiques – et si mécontentement il doit y avoir, c’est vers eux qu’il doit être tourné.

B.D.

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13 réponses à “Comment briser l’argumentaire anti-grève en six exemples

  1. Les casseurs : « il s’agit de jeunes homme blancs, de milieux relativement aisés, qui viennent en découdre, etc… »

    Cet argument, tant ressassé, a un parfum quelque peu populiste, car il y a dans ces cortèges des jeunes hommes et femmes qui affrontent la police, c’est vrai, laquelle affronte les citoyens, casseurs ou pas. Certains de ces jeunes ne sont effectivement pas encartés mais n’en ont pas moins un projet politique. – En effet, quel exemple leur a-t-on donné depuis 40 ans, nous, les encartés défilant sagement, pour que le pays en soit là ?

    Attention donc à ces arguments que, personnellement, je me garderai bien de reprendre. Convergence des luttes dite-vous ?

    1. Ce passage sur les casseurs me semble nauséabond, et est en plus insuffisamment argumenté. D’où les auteur-e-s tirent-ils cette connaissance du for intérieur des casseurs ? Comment peuvent-ils leur attribuer ainsi des pulsions purement « égoïstes », « égocentriques », la seule envie d’en « découdre » ?
      Non seulement cela revient à reprendre la terminologie et l’argumentaire du pouvoir et des médias dominant, mais c’est aussi en contradiction avec ce que les casseurs avec lesquels j’ai pu échanger nous disent, à savoir que la casse est un mode d’action à part entière, qui n’est pas un simple défouloir mais aussi un acte politique.
      Quant à la confrontation avec la police, cela peut être une fin en soi (qui n’en reste pas moins politique) mais c’est souvent aussi un résultat, certes attendu mais pas forcément recherché prioritairement, d’autres modes d’action (casse mais aussi manif sauvage, actions de blocage, etc.)

  2. En réalité 3 forces sont en présence: en bas, nous avons le nombre, l’arme du travail et celle de la critique-NUIT DEBOUT- par ex. , au milieu, c’est le ventre mou mais tentaculaire de l’indifférence ou de l’insensibilité toujours promptes à se retourner, c’est la foule, quand elle peut être la preuve du pire(selon Sénèque) celle que des mauvais media s’évertuent à manipuler ou celle qui sera captive bientôt devant le spectacle de la coupe de foot! enfin en haut, il y a ceux qui se prévalent de privilèges, brandissant avec cynisme l’inégalité et l’injustice comme des lois évidentes et universelles. Il doit y avoir pour tous ceux qui sont engagés dans le combat, une solidarité- y compris financière- car le rapport de force est inégale. Y penser et bien-s^r ne pas cesser d’argumenter autour de nous !

    1. votre analyse serait beaucoup plus pertinente en termes de classes. Ce que vous appelez le milieu ou le ventre mou ce sont les classes moyennes dont les intérêts sont contradictoires. Jouer sur ces contradictions est le devoir des militants conscients.

      1. C’est à dessein que j’emploie le ventre mou car nous le rejoignons parfois que vous en ayez conscience ou non, on n’ est pas à l’abri d’un quelconque enclos: je ne vois pas en quoi, nous en serions indemnes: c’est pourquoi, je n’aime plus employer les termes de classes, ils ont été trop pervertis dans l’histoire.

  3. Excellent documentaire sur l’expérience anarchiste en catalogne de 1936 à 1939.
    film en 5 parties :
    http://www.dailymotion.com/video/x1bo40_vivre-lutopie-partie-1
    http://www.dailymotion.com/video/x1byhx_vivre-lutopie-2
    http://www.dailymotion.com/video/x1cia2_vivre-lutopie-3
    http://www.dailymotion.com/video/x1ctiu_vivre-lutopie-4
    http://www.dailymotion.com/video/x1czxc_vivre-lutopie-5
    Une période de l’histoire dont il faudrait s’inspirer car les valeurs partagées sont identiques.

  4. Quand on coupe l’électricité à Saint-Nazaire et que des accidents de la route ont lieu à cause d’une perte de signalisation, c’est un risque d’homicide involontaire, et c’est profondément égoïste (euphémisme).

    La grève incite à des comportements extrêmes, menaçant la vie d’innocents. L’égoïsme n’est pas une vertu.

    1. Et pourquoi ça ne serait pas vous, non gréviste, l’égoïste ? Bien évidemment que les employés qui coupent le courant ne doivent pas le faire à la légère. Tout comme chaque automobiliste doit garder le contrôle de son véhicule, même en l’absence de feu tricolore.

  5. Je suis effaré de voir ce que que le combat militant est dans un pays dit riche, oui parce que relativement à la situation globale du monde nous vivons dans un pays riche. Des personnes qui se disent combattrent au nom des travailleurs, des salariés. Reste que je prends le train tous les jours et que jamais je n’ai vu un grèviste m’expliquer le pourquoi du comment il ferait grève. Nous sommes pourtant à l’aire de la communication et je serais curieux de savoir quelles proportions de grèvistes a lu dans son intégralité la loi travail…. la grève est comme toutes chose, soumis à la mode, au courant de pensée. Les vrais acteurs de notre société sont ces personnes anonymes qui se battent tous les jours pour améliorer le quotidien de leurs collègues, parfois même en mettant en danger leurs propres situations professionnelles. Ces personnes agissent sur le terrain en faisant le lien entre les salariés et les employeurs. Ce sont des gens malins qui ont compris que il fallait convaincre et non pas brandir des convictions en fer de lance. Ce sont des gens qui ont compris que des décisions communes sont faites de concessions. Qui ont intégrés que les décideurs ne sont pas des extraterrestres mais aussi des travailleurs. L’appat du gain est humain, pas le propre des « patrons ». Mais ce sont aussi ceux qui ont compris qu’il faut changer de point de vue sur le monde du travail. Le bon sens voudrait qu’une entreprise est une famille qui si elle ne se porte pas bien doit se serrer la ceinture. Ce sont au gens sensé de montrer l’exemple, qu’il soit ouvrier, cadre ou chef d’entreprise. Accepter de se mettre en péril au yeux des autres. Bien souvent il s’agit de faire plus que ce qu’on nous demande, faire des heure supp, donner son avis même si on ne le demande pas, prendre des initiatives afin d’améliorer la qualité de ce que nous produisons, assumer ses erreurs comme celles des autres (et bien oui le travail d’équipe c’est de la solidarité), et surtout ne pas SYSTÉMATIQUEMENT attendre un retour pécunier ou d’autre nature. Un patron est à éduquer, et pour ça il faut user de pédagogie.

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